L'Artiste de la Semaine

December 17, 2017

TALLISKER

 

 

 Musicienne

17/12/2017

 

Tallisker Tallisker est une jeune musicienne française installée à Paris. Lauréate finaliste des Inrocks Lab 2014, Tallisker, la couleur mélancolique, introspective et élégiaque de ses compositions nous plonge dans un univers sensible et passionné. Le Presse Cervelle a eu la chance de la rencontrer et d’échanger avec elle.

 

Découvre SON HISTOIRE 

 

 

Peux-tu nous parler de ton parcours et des origines de ce cursus artistique. (Artistes, expos, rencontres, voyages etc…)

J'ai commencé le violoncelle à 8 ans et la guitare à 15. J'ai baigné dans la musique classique, folk et trad jusqu'à mes 21 ans où j'ai commencé à m'intéresser à la MAO et à des formes musicales plus "technologiques" et expérimentales. En parallèle, je poursuivais un Master d'Anglais car je suis fascinée par la culture anglo-saxonne dans son ensemble, de Shakespeare au Bloody Sunday en passant par l'histoire du blues. Entre deux, j'ai fait le tour d'Europe en stop et déménagé 3 fois (Rouen, Paris, Rennes...). Mon envie d'ailleurs, de connaissances et de rencontres n'est jamais rassasiée. Je crois qu'à un moment j'ai juste voulu me poser et faire quelques chose de tout ça, raconter mon amour de la liberté, de l'aventure, des mondes (littéraires, artistiques, géographiques, temporels...) qui me font rêver. C'est le producteur électro Sun Jun qui m'a convaincue de mettre en ligne 2 chansons, en 2013. Puis, comme un jeu de domino, la vie m'a amenée à une vraie professionnalisation musicale.-

 

 

 

Pourquoi ce métier, est-ce que quelqu'un t'a inspiré pour faire ce métier ?

J'ai quelques musiciens dans ma famille. Tout d'abord mon père, qui nous a sensibilisés très jeunes aux belles choses (musique classique, soul, gospel, jazz, bossa nova...) et nous a imposé l'apprentissage d'un instrument classique. Et puis aussi mon oncle Stéphane Dambry, compositeur et guitariste qui m'a transmis son amour pour la chanson, le registre folk/rock et qui m'a présentée au song-writer Johan Asherton avec qui j'ai fait mes premières scènes, en guest choriste et joueuse de mandoline ! Cela m'a donné goût à la scène, c'est sûr, ensuite j'ai fait mon chemin dans mon propre registre. -

 

 

 

Peux-tu nous décrire ton univers créatif ?  Et celui dans lequel tu veux emmener les gens avec ta musique?

Je travaille autour de 2 notions très importantes pour moi : le sacré et le transcendental, qui sont pour moi 2 valeurs universelles qui dirigent le monde. Nous sommes des milliards d'êtres humains avec des codes génétiques, des croyances, des cultures, des religions, des comportements, des environnements sociaux et affectifs différents. Qu'est-ce qui nous rassemble et nous anime ? Le sacré. Chaque humain a son temple intérieur de valeurs qui lui permet de voir du beau dans le quotidien, d'organiser un sens de la vie dans sa tête. Même le plus athée des athées obéit à des rituels sacrés pour trouver son bonheur (par exemple son café du matin, se promener dans la nature, caresser son chat, payer un verre à un ami...). Il est bon d'identifier ces repères de bien être spirituel et de s'y accrocher. Je trouve cela infiniment beau. Nous sommes blessés lorsque quelqu'un ne respecte pas quelque chose qui est sacré pour nous, et à juste titre. En fait derrière tout ça, il y a l'idée que je pense que l'humain est bon, que la décadence et la misère humaines sont le résultat de sacrés contrariés, de fausses routes de sacrés. Il faut respecter le sacré chez l'autre, toujours. Dans mes arrangements ainsi que mon univers visuel, j'essaie de mettre en avant ce sentiment mystique et universel, de creuser le fond de l'âme. De défendre aussi, une certaine idée de la délicatesse et de la grâce qui manquent un peu à notre époque.

 

 

-Comment composes-tu les premières sonorités de tes compositions ?

Tout commence par un lieu ou une épiphanie qui m'émeut au point que je sais que cela deviendra une chanson. Je n'ai pas toujours mes instruments sous la main dans ces moments là alors j'archive l'émotion forte et je prends le temps qu'il faut pour la digérer. Puis, un jour que je travaille mon violoncelle, que je geek sur Ableton, que je découvre un nouveau plug-in ou que je bidouille sur ma guitare, une progression d'accords s'impose et je comprends que l'émotion archivée a trouvé une façon d'être musicale. Elle est là, elle devient audible. A partir de là, d'une simple boucle, je me lance dans un travail d'arrangements et de structuration très passionné et très minutieux. Je ne serai pas satisfaite tant que le morceau de reflètera pas toute la richesse et toute l'importance de cette émotion. Je brode dans les moindres détails. C'est pour cela, j'imagine, qu'on me dit souvent que mes chansons sont "chargées".

 

-Parle-nous du futur, Quels sont tes projets (expo, voyages) ? Souhaites-tu expérimenter de nouveaux médiums?

Je mets les concerts de côté pour laisser de la place à un temps de composition et d'expérimentations nouvelles. Depuis un an, je fais des DJ-sets et cela a modifié (enrichi) mon rapport à la musique. On comprends d'autres choses lorsqu'on essaie de faire danser les gens. Rien à voir avec une performance live. Il y a des chances que cela modifie ma façon de composer et que j'essaie de faire danser davantage que faire planer. Je ne promets rien mais je suis sur cette piste. Et puis comme j'aime surprendre, je surprendrai, mais je ne peux pas en dire davantage. Le secret est bien gardé.

 

 

 

 

 

-Que représentent, pour toi, les masques que tu portes sur beaucoup de tes portraits ?

J'adhère à cette conception que les yeux sont le siège de l'âme. Les yeux trahissent tout. L'incompréhension, le bonheur, la foi, le désir, le chagrin, l'humour... Avec mon métier, je me sens très exposée, sur-exposée alors que je suis de nature timide et que j'ai des angoisses sociales très fortes. Je n'ai pas envie de m'offrir, de me dénuder devant tout le monde. J'ai peur que mon temple sacré à moi soit pillé, observé, exploité. Le masque manifeste que je veux préserver mon âme, choisir de me dévoiler ou non. que Tallisker et Eléonore sont 2 entités différents.

 

 

-Tu sembles avoir mis la guitare un peu de côté sur tes dernières compositions, sera-t-elle de nouveau sur scène et en studio à tes côtés ?

La guitare pourrait revenir mais sous une forme différente ...

 

 

 

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